Détecteur de fumée obligatoire : qui doit l’installer, qui l’entretient, et ce que l’électricien répond

Par Gabriel Nédélec, ancien responsable d’équipe en chauffage et climatisation, fondateur d’AUTILIA

Publié le 3 novembre 2026

Un détecteur de fumée qui bipe la nuit, un locataire qui demande qui doit le changer, un client qui veut un détecteur « relié au tableau » : ces appels arrivent chez l’électricien. Voici ce que dit le code de la construction et de l’habitation, qui installe, qui entretient, la norme, l’emplacement, et comment répondre au téléphone. Textes relus sur Légifrance et service-public le 16 octobre 2026.

Ce que dit le texte

L’article R. 142-2 du code de la construction et de l’habitation impose au moins un détecteur de fumée dans chaque logement, en maison comme en immeuble. Le détecteur fonctionne sur piles ou sur l’alimentation électrique du logement. Dans ce second cas, il doit avoir une alimentation de secours qui prend le relais en cas de dysfonctionnement électrique.

Il doit détecter les fumées dès le début d’un incendie et émettre aussitôt un signal sonore assez fort pour réveiller une personne endormie, dans le seul logement où la fumée a été détectée.

Les numéros ont changé en 2021

Depuis le 1er juillet 2021, ces règles se lisent aux articles R. 142-2 à R. 142-5 du code. L’arrêté du 5 février 2013, qui fixe les règles techniques et reste en vigueur, porte encore dans son titre les anciens numéros R. 129-12 à R. 129-15. Un devis ou une attestation qui cite ces anciens articles renvoie donc à un texte renuméroté. Les articles R. 142-2 et R. 142-3 ont encore été modifiés par un décret du 11 juin 2025.

Qui l’installe, qui l’entretient

La règle générale est à l’article R. 142-3 : l’installation incombe au propriétaire. L’entretien, et si nécessaire le renouvellement, incombent à l’occupant du logement. Quand le logement est loué, le propriétaire s’assure du bon fonctionnement du détecteur lors de l’état des lieux.

Le même article prévoit des exceptions, où une seule personne porte l’installation, l’entretien et le renouvellement :

  • le propriétaire, pour cinq types de logements : les logements saisonniers, les logements-foyers qu’il gère lui-même ou que gère un organisme non agréé, les résidences hôtelières à vocation sociale, les logements attribués ou loués en raison d’une fonction ou d’un emploi, et les locations meublées ;
  • les organismes agréés d’intermédiation locative et de gestion locative sociale, pour les logements-foyers et les logements familiaux qu’ils gèrent ;
  • le propriétaire, pour les locaux d’habitat inclusif, qui peut déléguer cette charge par convention à un organisme agréé ou à la personne morale chargée du projet de vie sociale et partagée.

Pour les organismes agréés, la fiche de service-public ne cite que les logements-foyers ; le texte en vigueur sur Légifrance ajoute les logements familiaux.

La norme et ce que le détecteur doit avoir

Service-public le résume : le détecteur doit porter le marquage CE avec la référence à la norme NF EN 14604. Les détecteurs à ionisation sont interdits par l’article 3 de l’arrêté du 5 février 2013. L’article 2 du même arrêté liste ce que le détecteur doit avoir :

  • un indicateur de mise sous tension ;
  • si la pile est remplaçable par l’utilisateur, une durée de fonctionnement d’au moins un an ;
  • un signal visuel, mécanique ou sonore qui indique l’absence de piles ;
  • une alarme d’au moins 85 dB(A) à 3 m ;
  • un signal de défaut sonore, d’une tonalité différente de l’alarme, quand l’alimentation faiblit ;
  • quatre informations marquées de façon indélébile : le nom ou la marque et l’adresse du fabricant ou du fournisseur, le numéro et la date de la norme, la date de fabrication ou le numéro de lot, le type de batterie ;
  • une notice d’installation, d’entretien et de contrôle.

Où le poser

  • De préférence dans le couloir ou sur le palier qui dessert les chambres.
  • Dans un studio, le plus loin possible de la cuisine et de la salle de bain.
  • Fixé solidement au plafond. L’arrêté dit : en partie supérieure, près du point le plus haut, à distance des autres parois et des sources de vapeur.
  • Un détecteur par étage est recommandé dans un logement sur plusieurs niveaux, et plusieurs dans un grand logement.
  • Jamais dans les parties communes d’un immeuble : c’est interdit par l’article 6 de l’arrêté.

Pour les distances, les sources ne disent pas la même chose. Le dépliant du ministère du Logement de mars 2013 conseille de s’éloigner de 15 à 20 cm des murs et des coins. La notice des détecteurs Hager TG 500 et TG 501 demande plus de 50 cm de tout obstacle et au moins 1 m des bouches de chauffage ou d’aération. Sous un plafond en pente, le dépliant conseille de s’écarter d’au moins un mètre du point le plus haut, et la notice Hager exclut le sommet d’un plafond en forme de A, alors que l’arrêté parle de fixer le détecteur près du point le plus haut. Le plus sûr est de suivre la notice du modèle posé.

Le client appelle parce que ça bipe

Deux sons n’ont rien à voir. L’alarme est forte et continue. Le signal de défaut imposé par l’arrêté a une autre tonalité : il signale une alimentation qui faiblit. Selon les modèles, d’autres bips signalent d’autres défauts. Si le client décrit une alarme qui ne s’arrête pas et qu’il voit ou sent de la fumée, ce n’est pas une question de dépannage : les consignes de l’arrêté donnent le 18 ou le 112.

Le sens d’un bip dépend du modèle. Sur les Hager TG 500 et TG 501, par exemple, deux bips rapides toutes les 60 secondes signalent un défaut d’alimentation : le détecteur fonctionne encore 30 jours, et la pile est à changer dès que possible. Huit bips rapides toutes les 58 secondes signalent une tête de détection encrassée : la notice demande de la dépoussiérer à l’aspirateur, au moins une fois par an, et de remplacer le détecteur si le signal persiste. Un appui sur le bouton test reporte le signal de 8 heures, pendant 7 jours au plus. La même notice dit qu’un détecteur ne doit en aucun cas servir plus de 10 ans, et demande un test au moins une fois par mois.

Avant de chiffrer quoi que ce soit, quelques questions évitent un déplacement inutile ou une facture adressée à la mauvaise personne :

  1. Est-ce une alarme continue ou un bip court qui revient régulièrement ?
  2. Le détecteur est-il sur piles ou raccordé au courant, et quelle marque est inscrite dessus ?
  3. Quelle date de fabrication est marquée au dos ?
  4. Êtes-vous propriétaire ou locataire, et le logement est-il loué meublé ?

La dernière question compte : en location vide, l’entretien et le remplacement reviennent à l’occupant ; en location meublée, tout revient au propriétaire. L’arrêté charge d’ailleurs l’occupant, ou selon le cas le propriétaire ou l’organisme agréé, de vérifier que le voyant de mise sous tension est allumé, de remplacer les piles quand le signal de défaut retentit et de tester régulièrement le détecteur.

Le client veut un détecteur « relié au tableau »

L’article R. 142-2 n’impose pas de détecteur sur secteur : les piles suffisent. Un modèle raccordé au courant est permis, à condition d’avoir une alimentation de secours. Le Hager TG 501A, par exemple, se raccorde en 230 V sur ses bornes L et N et garde une pile 9 V. Sa notice permet d’interconnecter par fil jusqu’à 40 détecteurs, à condition qu’ils soient du même modèle, pour que l’alarme sonne partout dans l’habitation.

Sans tirer de câble, il existe des détecteurs reliés par radio. Legrand en vend un, la référence 0 405 28, avec une pile au lithium annoncée pour 10 ans d’autonomie, au tarif professionnel de référence de 137,90 € HT relevé le 16 octobre 2026.

Interconnecter, oui, mais dans un seul logement

L’article R. 142-2 veut que le signal sonore retentisse dans le seul logement où la fumée a été détectée. Une maison divisée en deux logements ne doit donc pas avoir ses détecteurs reliés d’un logement à l’autre.

Qui paie ce changement ? Le texte met l’installation à la charge du propriétaire et l’entretien à celle de l’occupant. Il ne dit rien d’un locataire qui voudrait remplacer un détecteur à piles qui fonctionne par un modèle sur secteur. Dans ce cas, le devis gagne à dire clairement qui le commande.

Votre facture sert aussi à l’assurance

L’occupant doit prévenir son assureur habitation que le logement est équipé, en lui remettant une attestation. Service-public précise qu’elle s’accompagne d’une preuve d’achat ou d’installation : une facture, une photo ou un certificat de conformité. L’arrêté donne un modèle d’attestation, qui n’a qu’une valeur déclarative pour l’assureur. Dans certains cas, c’est le propriétaire ou l’organisme agréé qui la remet à l’assureur de l’occupant : l’article R. 142-5 le prévoit dans les cas d’exception de l’article R. 142-3, dont la location meublée et le logement saisonnier. Service-public, lui, ne cite que les logements-foyers gérés par un organisme agréé et les locaux d’habitat inclusif.

Sans détecteur, l’assureur ne peut pas refuser d’indemniser un incendie. Il peut réduire l’indemnisation s’il prouve que cette absence a aggravé les conséquences du sinistre. La fiche de service-public ne mentionne aucune amende.

Questions fréquentes

Qui doit installer le détecteur de fumée dans un logement loué ?

Le propriétaire. Le locataire l’entretient et le remplace si besoin, sauf dans les cas listés à l’article R. 142-3, dont la location meublée, où tout revient au propriétaire.

Le locataire doit-il changer la pile du détecteur de fumée ?

En général oui : l’entretien, piles comprises, revient à l’occupant. En location meublée et dans la plupart des autres cas de l’article R. 142-3, c’est au propriétaire ; pour un logement géré par un organisme agréé d’intermédiation locative, c’est à cet organisme.

Un détecteur de fumée sur secteur est-il obligatoire ?

Non. Il peut fonctionner sur piles ou sur le courant du logement. Sur le courant, il doit avoir une alimentation de secours.

Peut-on mettre un détecteur de fumée dans le couloir d’un immeuble ?

Non. L’arrêté du 5 février 2013 interdit les détecteurs autonomes dans les parties communes des immeubles collectifs d’habitation.

Combien de détecteurs de fumée faut-il dans une maison ?

Au moins un par logement. Service-public recommande un détecteur par étage, et plusieurs dans un grand logement.

Un détecteur qui bipe fait souvent appeler le soir ou le week-end, quand vous n’êtes pas disponible. AUTILIA prend les appels que vous ne pouvez pas prendre : vous gardez votre numéro, et un renvoi lui passe la main quand vous ne répondez pas. Elle qualifie la demande, trie les chantiers par priorité et prend les rendez-vous. Vous rappelez en sachant déjà s’il s’agit d’une pile, d’un remplacement ou d’un projet de détecteurs raccordés.

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